L’ancien Musée d’art d’Expo 67 retient l’intérêt

ans, alors que nous publions un premier article sur le sujet. À l’époque, son propriétaire, Loto Québec depuis 1997, souhaitait le vendre. Une action que la société d’État a suspendue vu le vif émoi public et, ceci, malgré l’autorisation reçue du gouvernement le 25 octobre 2023. Autre mauvaise nouvelle, le refus de classement de l’immeuble par le ministre de la Culture et des Communications du Québec, le 31 octobre 2023. Cette annonce a déçu bien des personnes comme l’ont fait savoir les médias, dont Lucette Lupien, la citoyenne qui avait introduit la demande de protection en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel du Québec. L’ancien Musée d’Expo ne se démarquerait pas parmi l’héritage d’Expo 67 et celui de ses concepteurs (les architectes Gauthier, Guité et Côté) selon l’évaluation du ministère. Depuis lors, plusieurs ont appuyé son action en faveur de la sauvegarde de cet ancien pavillon d’Expo 67 localisé à l’entrée de la Cité-du-Havre.

Le DESS en architecture moderne et patrimoine et l’Institut du patrimoine de l’UQAM

À la suite du refus de classement, des étudiantes du diplôme d’études supérieures en architecture moderne et patrimoine de l’UQAM ont décidé d’étudier l’édifice dans le cadre du cours Études préparatoires de la session d’hiver 2024, dont j’étais la professeure attitrée. Elles ont exploré plus avant les valeurs historique, architecturale, technologique et urbanistique de l’ancien Musée d’art d’Expo 67, devenu le Musée d’art contemporain en 1968 et ceci jusqu’au déménagement de l’institution à la Place des arts, au centre-ville.

Les étudiantes ont eut l’occasion d’exposer les résultats de leurs recherches lors de la table ronde organisée par l’Institut du patrimoine de l’UQAM et Docomomo Québec, le 29 mai 2024. Elles y ont exposé la maquette de l’édifice qu’elles ont réalisée et présenté la maquette de la petite publication que nous comptons publiés.

L’ancien Musée d’art d’Expo 67 présente un grand intérêt patrimonial. Le pavillon Géenie créateur de l’Homme est un des huit pavillons thématiques d’Expo 67, une nouveauté dans le cadre des grandes expositions mondiales, et le seul encore existant avec Habitat 67, des bâtiments dont le maître d’ouvrage était la Compagnie canadienne de l’exposition universelle de 1967. Il est une des premières réalisations d’importance des jeunes architectes Paul Gauthier, Gilles Guité et Gilles Côté qui étaient accompagnés dans ce mandat par John Bland, le directeur de l’École d’architecture de l’Université McGill. Les deux premiers formeraient avec Jean-Marie Roy, un des plus importantes agences de la deuxième moitié du XXe siècle au Québec.

Le pavillon Génie créateur de l’Homme est le premier musée d’art «moderne» au Québec, sinon au Canada, «moderne» vu son architecture rompant avec le classicisme du Musée des beaux-arts de Montréal (1912) et du Musée de Québec (1933) et vu la sophistication des systèmes techniques de contrôle de l’air et de la lumière. La revue Museum éditée par l’UNESCO lui a consacré un article.

Au cours de l’Expo 67, le pavillon est lieu de l’exposition internationale des beaux-arts rassemblant 188 œuvres de toutes les époques et de nombreux pays, sur le thème Terre des Hommes. Rembrandt y cotoyait Renoir, Par la suite, il loge le Musée d’art contemporain de 1968 à 1992, des années déterminantes pour la jeune institution issue de la Révolution tranquille et donc la création est l’un des aboutissements de près de 30 ans de renouveau artistique au Québec.

Le Centre international d’art contemporain de Montréal

L’usage est un facteur clé en conservation du patrimoine bâti, non seulement sa pérennité, mais encore la convenance entre nouvelle utilisation et valeur patrimoniale. Le directeur du CIAC MTL propose de réaffecter l’ancien édifice à son usage d’origine pour en faire le Pavillon des arts de la Cité-du-havre consacré aux automatiste et aux artistes d’aujourd’hui et d’en faire le cœur d’un parc culturel.

Dédié à la diffusion de l’art contemporain d’ici et de l’étranger, le CIAC MTL est un organisme à but non lucratif qui a son actif l’organisation d’importants événements artistiques, notamment Les Cent jours d’art contemporain de Montréal de 1985 à 1996 et  La Biennale de Montréal de 1998 à 2011.

Les universités Laval et de Montréal

Prochainement, à l’itiniative de l’architecte Gilles Prudhomme, chargé de formation pratique à l’Université de Montréal, et du professeur Fabio Sedia de l’Université Laval, des étudiants et des étudiantes en architecture vont se pencher sur la réhabilitation de l’ancien Musée d’art d’Expo 67.

À Laval, l’exploration projectuelle est réalisée dans le cadre d’une charrette organisée du 15 au 25 septembre 2025, dans le cadre du cours ARC-6038 Projets de conservation et restauration, à l’occasion de la venue de collègues — Thomas Danzl, Roberta Fonti, Elisabeth Merk et Jörg Haspel — et de huit étudiants de la Technische Universität München.

À Montréal, l’ancien Musée d’art d’Expo 67 est le sujet de l’atelier de Projet complet ARC-6701 ouvert à la session d’automne et consacré à la réhabilitation-transofrmation-agrandissement d’un bâtiment historique moderne dans une perspective de développement durable.

FVL, 21-08-2025

ans, alors que nous publions un premier article sur le sujet. À l’époque, son propriétaire, Loto Québec depuis 1997, souhaitait le vendre. Une action que la société d’État a suspendue …

pour aller plus loin

Girard, Mario, «Quel avenir pour un symbôle d’Expo 67 ?», La Presse, 12 avril 2025, en ligne https://www.lapresse.ca/arts/chroniques/2025-04-12/quel-avenir-pour-un-symbole-d-expo-67.php

«Pavillon des arts de la Cité-du-Havre», Centre international d’art contemporain de Montréal, en ligne https://ciac.ca/pavillon-des-arts-cite-du-havre/.

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