Des restaurants patrimoniaux contemporains au 9e Eaton

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Le samedi 23 novembre 2019, le Comité Diffusion de Docomomo Québec organisait une rencontre publique pour penser ensemble l’avenir du 9e. Pour nourrir l’échange, ses membres avaient préparé une présentation afin de documenter quelques précédents, tel le Café Impérial à Prague, illustré ci-dessus.

 Jordane Zakrzewski, Véronique Lapointe, Manuela Senese, 2019-11-22, révisé 2020-04-19


Le 9de l’ancien grand magasin Eaton situé sur la rue Sainte-Catherine, au centre-ville de Montréal, est un restaurant qui a marqué la mémoire de bien des Montréalais et bien des Québécois, voire des Canadiens. Ouvert en 1931 par la chaîne de grands magasins Eaton établie à Toronto, il a fermé ses portes en 1999, à la suite de la faillite de l’entreprise. Classé immeuble patrimonial depuis le 24 août 2000, dans le cadre de la Loi sur le patrimoine culturel du Québec, le 9est depuis 20 ans un lieu inaccessible au public qui est ainsi privé d’une des grandes œuvres de l’art déco.

 À la suite d’une recherche de lieux historiques comparables, les membres du Comité de diffusion ont retenu cinq exemples : La Coupole à Paris, le Bar américain et le Crazy Coqs Cabaret & Bar à Londres, le Café Impérial à Prague, la Rainbow Room à New York. 

Ces cas illustrent des situations différentes vu leur localisation, leur programme et leur ambiance. Par contre, tous présentent une histoire semblable faite de moments de gloire, de crises, voire de fermetures temporaires, et de réorganisation. Tous, néanmoins, ont conservé leur fonction d’origine et sont restés des lieux publics, sinon populaires. En cela, ils se distinguent de The Carlu à Toronto, l’ancien «Eaton’s Seventh Floor», aujourd’hui, un lieu privé offert en location afin d’y tenir concerts, galas, mariages, défilés de mode… Notons qu’au cours de la recherche, aucun restaurant patrimonial datant de l’entre-deux-guerres ayant changé radicalementd’usage a été trouvé.

 Ces exemples militent pour rouvrir le 9eEATON en favorisant un usage le plus proche possible de celui d’origine, c’est-à-dire, un lieu de restauration accessible au public.

La Coupole, Paris (1927)                                                            

102, boulevard du Montparnasse, 14earrondissement, Paris, France

Coupole

Architecture

Construit en 1927 par les architectes Le Bouc et Barillet, La Coupole regroupe à l’origine un bar, une brasserie et un restaurant. Son décor dépouillé et aux lignes et aux motifs géométriques est représentatif de l’Art déco. En 1928, elle est agrandie, une pergola étant aménagée sur le toit et un dancing ouvert au sous-sol. 

Parmi ses traits caractéristiques, mentionnons la coupole en dalles de verre, le sol en mosaïque, les miroirs aux cadres dorés et les piliers décorés par les élèves de Henri Matisse et Fernand Léger.

Histoire

À Paris, au tournant du XIXesiècle, une cinquantaine de cafés et de brasseries sont fondés. En ouvrant La Coupole, les entrepreneurs Ernest Fraux et René Lafon veulent éclipser le café littéraire Le Dôme, tout proche sur le boulevard du Montparnasse. Le lieu connait un rapide succès, notamment auprès des intellectuels et des artistes : s’y retrouvent le poète et artiste Jean Cocteau, la danseuse Joséphine Baker, les peintres Picasso, André Derain, Fernand Léger, Soutine, Man Ray et d’autres et, plus tard, les écrivains Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Ernest Hemingway… La Coupole est probablement la brasserie la plus emblématique des Années folles. En 1940-1944, elle connaît une période sombre et est privée de son étage et de l’escalier qui y mène. Elle retrouve sa vitalité au début des années 1950.

En 1987, l’édifice est menacé de destruction suite au dépôt d’un permis de construire pour un immeuble à ériger sur le terrain. In extremis, La Coupole est inscrite à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques. Elle est alors achetée par le groupe Flo et fermée pendant plusieurs mois afin de procéder à sa minutieuse restauration. En 1995, La Coupole passe aux mains du financier belge Albert Frères. L’édifice est alors surmonté de six étages de bureaux.

À retenir

– Lieu hautement symbolique dont l’histoire est ancrée dans celle de la ville, lieu culte qui est resté populaire.

– Avantage de taille des brasseries historiques : il faut les rafraîchir régulièrement, mais, intemporelles, elles ne nécessitent pas de gros travaux, alors que les autres brasseries passent de mode et doivent, de ce fait, sans cesse, être renouvelées.

– Intérieurs d’une grande intégrité et authenticité matérielle, malgré les rachats successifs, grâce à l’inscription à l’Inventaire des monuments historiques. 

– Remise en avant de plats repères (choucroute de la mer, curry d’agneau à l’indienne), «des goûts de cuisine comme dans l’enfance» (Journal du Dimanche).

– Baisse récente des prix : «tout le monde doit pouvoir se payer La Coupole», défend la gestionnaire Lilian Combourieu (Le Monde).

– Esprit festif conservé – le dancing accueille désormais des dîners-spectacles et des concerts.

À déplorer

Façade extérieure dénaturée.

Pour en savoir plus…

La Coupole, en ligne.

«Les grandes brasseries parisiennes cherchent un nouveau souffle», Le Journal du Dimanche, 4 mai 2017.

Ribaut, Jean-Claude, «Tables de mémoire à Paris», Le Monde, 10 octobre 2007.

von Bardeleben, Elvire, «La Coupole, le Dôme, Bouillon Chartier… Paris sera toujours brasseries!», Le Monde, 11 octobre 2018.

Bars art déco, Regent Palace Hotel, Londres (1934)               

20 Sherwood Street, Soho, Londres,  W1F 7ED (non loin de Piccadilly Circus)

Architecture

Regent Palace Hotel comprend plusieurs lieux de restauration et de rencontre, dont la Brasserie Zédel (ancien Atlantic Bar & Grill) et le Bar américain (ancien Dick’s Bar) et le Crazy Coqs Cabaret & Bar (ancien Chez Cup). Le premier est hérité des premières heures du Regent Palace Hotel dont ils font partie, un hôtel dans le style beaux-arts conçu par les architectes Henry Tanner, F. J. Wills et W. J. Ancell.

RegentPalaceHotel

Les deux autres ont été aménagés au milieu des années 1930, au sous-sol, par Oliver Percy Bernard (1881-1939), un des plus fameux décorateurs d’intérieur et de théâtre, actif en Angleterre ainsi qu’à New York et Boston. Accessibles à partir d’un hall aux murs en travertin couleur-tabac, les deux bars se distinguent par l’omniprésence de motifs géométriques, notamment les larges bandes de leurs revêtements muraux, caractéristiques de l'art déco.

Histoire

Le Regent Palace Hotel situé au cœur de Londres, à deux pas de Piccadilly Circus, ouvre ses portes en 1915. Il est érigé sur des terres de la Couronne. Comprenant plus mille chambres, il est le plus grand hôtel d’Europe. Version démocratique du Ritz, le lieu de style beaux-arts met à la portée de tous l’expérience du luxe.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’hôtel connaît des moments difficiles et perd sa réputation, jusqu’à tomber en déclin.

L’intégralité du bâtiment est classée en 2004 sur la Liste du patrimoine national d’Angleterre, avec le grade II, sur une échelle de 1 à 3. Concomitamment, le Crown Estate entreprend une grande campagne de revitalisation de Regent Street. Le projet inquiète les défenseurs du patrimoine qui s’opposent aux premières propositions. Finalement, Dixon Jones Architects est engagé vu son expérience en matière d’édifices protégés. L’agence travaille avec Donald Insall Associates pour la restauration des bars Art déco.

L’intervention est modulée suivant l’importance historique des lieux. La brasserie et les bars sont restaurés dans le plus grand respect du décor d’origine. Cependant, d’autres parties de l’hôtel sont rénovées dans un esprit contemporain. Les matériaux d’origine de deux bars, en particulier les revêtements muraux et le concept d’éclairage sont conservés. 

La restauration s'est mérité de nombreux prix: le RIBA National Award (2013); London Planning Awards (2013); Best Historic Building Management; (2013); Westminster Society Award for Architecture (2013); Building Magazine Project of the Year (2012) et Estates Gazette Sustainability Initiative of the Year (2011).

À retenir

– Conservation de la volumétrie, des matériaux de finition, intervention contemporaine respectueuse de l’image du lieu – authenticité et intégrité matérielle totales. 

– Le nouveau mobilier est sobre et s’intègre bien aux lieux.

– Lieux aujourd’hui très fréquentés qui offrent différents types de divertissements tel que des spectacles et concerts.

Pour en savoir plus…

Brasserie Zédel, en ligne.

«Brasserie Zedel: How Contractor Skills Contributed to the Triumph of Design», Hospitality and Catering Newsen ligne.

«London’s Lost ‘Palace for the People’ that Was Once the Biggest Hotel in Europe»,The Telegraphen ligne.

«Quadrant 3 (Regent Palace Hotel), London», Dixon Jones, en ligne.

«Regent Palace Hotel (Main Building and Bridge)», Historic England, en ligne.

«Regent Palace Hotel», Patrick Baty, en ligne.

Café Imperial, Prague (1914)                                                  

Na Poříčí 1072/15, 110 00 Petrská čtvrť, Prague (centre historique)

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 Architecture

Inauguré en 1914, le Café Imperial est reconnu pour son décor de céramique, œuvre de l’artiste Jan Benès, et les sculptures de Josef Drahoňovský. De grands et plus petits carreaux aux décors figuratifs en relief recouvrent les colonnes et les murs, au-dessus de lambris de bois. Au plafond, des mosaïques dessinent des motifs floraux et géométriques, inspirés de la tradition décorative locale.

Histoire

Situé au centre-ville de Prague, dans la vieille ville, le Café Imperial occupe une partie du rez-de-chaussée de l’hôtel Imperial construit d’après les plans de l’architecte tchèque Jaroslav Benedikt et inauguré en 1914. Dès son ouverture, le lieu connaît un grand succès. Parmi ses hôtes les plus célèbres, notons le futur premier président de la République tchécoslovaque, Tomáš GarrigueMasaryk, et l’écrivain Franz Kafka.

Alors que, la Bohême et la Moravie sont quasi annexées au Troisième Reich après leur invasion en 1939, l’hôtel est fréquenté par les soldats allemands qui l’apprécient, tandis que les Tchèques s’en éloignent. La guerre terminée, il retrouve une certaine gloire, néanmoins courte. Nationalisé, il devient le siège d’un syndicat et est fermé au public. L’hôtel cesse toute activité dans les années 1980. Fait assez unique, dès 1958, le café et l’hôtel Imperial sont classés au Registre des monuments historiques tchèques. Le centre-ville de Prague est inscrit au patrimoine mondial en 1992. 

De 2005 à 2007, l’hôtel est entièrement rénové par une équipe spécialisée en restauration du patrimoine. Les chambres d’hôtel et les locaux de service subissent des interventions invasives justifiées par la désuétude des équipements techniques. Cependant, les travaux respectent le patrimoine, la majorité des éléments d’origine étant conservés. À l’extérieur, la façade est nettoyée et réparée et les châssis des fenêtres sont conservés, mais le vitrage changé. À l’intérieur, la dalle de plancher du premier étage est renforcée afin de préserver le plafond du café. Les mosaïques et les céramiques sont restaurées et consolidées, à l’exception des pièces trop endommagées qui sont remplacées par de nouvelles, fabriquées à l’identique.

À retenir

– Conservation de la volumétrie, de la matière, des œuvres d’art et des luminaires, donc grande authenticité matérielle.

– La carte du Café Imperial continue d’offrir à prix raisonnables des plats traditionnels tchèques préparés sur place. 

– Le Café Imperial est un lieu très populaire et très fréquenté, il offre jusqu’à 200 repas par jour.

À déplorer

– Le nouveau mobilier est loin d’avoir la sobriété de l’ancien. Aussi, il modifie grandement la perception de l’architecture qui, elle, est authentique; il altère profondément la compréhension du lieu.

Pour en savoir plus…

Art deco Hotel Imperial (site de réservation), en ligne.

«Histoire de l’hôtel art déco Impérial», Impérial, en ligne.

Café Imperial, en ligne.

«Hotel Imperial», Pamatkovy Katalog, en ligne.

«Reconstruction de l’Imperial Hotel : le retour de la légende», Casopis Stavebnictvi, en ligne.

La Forum Cafetaria (Minneaopolis) (1930)                                  

40 S 7 th St Ste 224, 55402 Minneapolis, États-Unis

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Architecture

Aménagé en 1930, la Forum Cafetaria offrait un décor intérieur à dominante vert pâle, fait de miroirs, de plaques d’onyx noir et de tuiles décorées de motifs régionaux : pommes de pin, cascades et navires vikings.

Histoire

En 1914 est inauguré le théâtre Saxe, un édifice de style néo-renaissance espagnole, œuvre de la firme Chapman & Magney. En 1929, la Forum Cafeteria Co. de Kansas City signe un bail en vue de convertir le théâtre en restaurant. L’architecte attitré de la compagnie, George B. Franklin, aménage une salle à manger ainsi qu’une cuisine moderne au niveau du rez-de-chaussée. 

«La cafétéria Forum était un lieu animé pour les travailleurs et les acheteurs du centre-ville, qui venaient y savourer des repas rapides et peu coûteux (...) C’est l’endroit où nos mères ont pu nous emmener pendant une journée de shopping dans le centre-ville pour y trouver des vêtements d’école, en ayant l’assurance que le menu du Forum était familier avec ce que nous mangions à la maison», se rappelle Rick Nelson (Minneapolis Star Tribune).

Durant les années 1970, les restaurants de type cafétéria souffrent de l’arrivée massive des restaurants-minute. La Forum cafétéria ferme ses portes en 1975. Menacé, le lieu est immédiatement inscrit au Registre national des lieux historiques. Une discothèque investit l’espace, réaménagé dans le respect du patrimoine. 

Quelques années plus tard, l’édifice est à nouveau menacé de démolition, cette fois, dans le cadre d’un vaste projet de revitalisation du centre-ville de Minneapolis. Les défenseurs du patrimoine se mobilisent. À défaut de parvenir à protéger l’ancien théâtre dans sa totalité, ils obtiennent le financement par la Ville du démontage du décor intérieur du restaurant (3500 pièces de verre, miroirs, carreaux et autres matériaux), un travail d’une précision remarquable (retirer, cataloguer, stocker) et son remontage dans le centre commercial qui a pris la place de l’ancien théâtre. Les éléments de terre cuite de sa façade sont également mis en caisse. Inutilisés, ils seront finalement jetés par leur «gardien», faute de paiement du loyer d’entreposage. En 1980, l’édifice d’origine est démoli. 

Certains regrettent que l’ancien bâtiment n’ait pas été intégré au nouveau projet, constatant que cette solution aurait plus économique pour la Ville et le promoteur (Minneapolis Star Tribune).

De 1983 à 1985, relocalisée, la discothèque fonctionne dans un décor inchangé. Après sa fermeture, plusieurs restaurants investissent tour à tour l’espace récréé de l’ancienne Forum Cafetaria. Le dernier en date est le Fhima’s, ouvert en 2018.

À retenir

– Le sauvetage du lieu grâce à la mobilisation d’experts en patrimoine.

– Opération de conservation radicale étant donné le démontage et le remontage du décor, ailleurs.

– La préservation du lieu malgré une histoire tumultueuse, jalonnée de nombreux exploitants.

À déplorer

La perte du bâtiment qui abritait la Cafeteria Forum et le déménagement de son décor, qui se trouve ainsi privé de son contexte d’origine, affaiblissant son ancrage historique.

Pour en savoir plus…

«Forum Cafetaria (Minneapolis)», Wikipedia, en ligne.

Nelson, Rick, «Finding the Forum: A History», Minneapolis Star Tribune, 3 novembre 2012, en ligne

Nelson, Rick, “Sneak peek: David Fhima’s New Restaurant in Minneapolis’ Historic Forum Cafeteria, Minneapolis StarTribune, 19 septembre 2018, en ligne

Rainbow Room, New York                                                        

30 Rockefeller Plaza, New York, NY 10,112 USA   

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Architecture

La Rainbow Room occupe le 65eétage du RCA Building (aujourd’hui, Compcast Building), le gratte-ciel au cœur du Rockefeller Center, avec le bar Sixty Five. Son architecte est Wallace Kirkman Harrison (1895-1981) qui participa à la construction du fameux complexe. Pour la concevoir, il collabora avec une designer d’intérieur, Elena Bachman Schmidt (1895-1955). Celle-ci dessina les rideaux, le mobilier et les portes d’ascenseur. 

Plus que son style, c’est la localisation et la configuration de la Rainbow Room qui la distinguent : située à l’extrémité est de l’étage, elle occupe un espace en double hauteur, de plan presque carré — 22 x 19 mètres — et libre de toute colonne. Ses trois murs de façade sont percés de 24 hautes fenêtres offrant une vue exceptionnelle sur la ville. En son centre, une piste de danse circulaire rotative est surmontée d’un dôme surbaissé éclairé de manière indirecte et, du centre duquel, pend un lustre en verre.

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La dénomination du lieu découle d’un instrument de musique très novateur dans les années 1930, un orgue qui convertissait la musique en lumières colorées. 

Histoire

Ouvert en octobre 1934, la Rainbow Room devient rapidement LE lieu de rencontre de la ville de New York. À la fin de la décennie, son succès est incommensurable aux États-Unis. Pendant le jour, elle fait office de Luncheon Club pour les occupants et les visiteurs du Rockefeller Center. Le soir, salle de réception et de danse, elle est ouverte jusqu’à deux heures du matin.

En 1942, seule sa fonction de Luncheon Club persiste et, ceci, jusqu’en 1950, année où le service de bar est offert à nouveau.

En 1986, la Rainbow Room subit des travaux de rénovation majeurs menés par Hardy Holzmann Pfieffer Architects, dans le respect des matériaux et du concept d’origine. Roger Berk est chargé de la restauration de la piste de danse tournante, œuvre de son grand-père. L’orgue qui jouait les lumières colorées est remplacé par un nouveau mécanisme numérique. Le lieu rénové est inauguré en présence du président Jimmy Carter, en 1987.

Victime de la crise financière, la Rainbow Room ferme en 2009. Les défenseurs du patrimoine se mobilisent pour le sauver d’un drastique réaménagement. Ses intérieurs sont protégés par la New York City Landmarks Preservation Commissionen 2012. Le lieu rouvre en 2014, à l’occasion de son 80eanniversaire, après une dernière rénovation menée par la firme Gabellini Sheppard Associates, visant à l’actualiser, tout en préservant le concept et les matériaux d’origine. Cette dernière intervention obtient la médaille LEED argent. Le site WEB du lieu offre une belle galerie de photographies.

Dès lors, la salle est gérée de façon singulière : elle est ouverte au public pendant une partie de la semaine pour le brunch et le souper, tandis qu’autrement, elle est réservée pour des événements privés. Sa cuisine est qualifiée de Modern american cuisineet son menu est similaire à celui de 1987 (saumon fumé, huîtres, pétoncles). Les prix ont quant à eux terriblement augmenté!

À retenir

– Le seul exemple trouvé à double usage : privé/public, un mode de gestion qui permet un accès public.

– Les rénovations après chacune des fermetures, en vue d’une réouverture, ont toujours été respectueuses des aspects architecturaux les plus importants et, ceci, malgré une protection patrimoniale tardive.

À déplorer

– Lieu élitaire et hors de prix; accessibilité limitée à un certain public

Pour en savoir plus…

 «Chasing the Rainbow Room: Landmarks Commission Considers Iconic Eatery», Observeren ligne

«The Rainbow Room», NYC Landmarks Preservation Commisionen ligne.

Rainbow Roomen ligne.

«Rainbow Room», Gabellini Shepparden ligne.

«Rainbow Room Is Given Landmark Status», The New York Timesen ligne.

«Rainbow Room Renovation & Restoration Approved by Landmarks Commission», City Land NYC, en ligne.

«Rainbow Room», Wikipedia, en ligne.