Résidences Jarry, Outremont, 1935-1937


1936-Parizeau-Jarry-int-escalier

La commande faite à l’architecte Marcel Parizeau est celle de deux résidences jumelées pour les frères Jarry pouvant héberger respectivement une famille de quatre personnes et leur bonne. Parizeau doit concevoir le projet sur le site où se trouvaient les garages et les écuries de la maison paternelle et veiller à inclure un garage de plein pied et une entrée couverte.

Les résidences forment un tout, à l’origine, symétrique. Le principe guidant leur organisation spatiale et technique est simple : quatre rectangles s’unissent pour n’en former qu’un seul mesurant approximativement 9,5 x 7,5 mètres. Chaque rectangle propose une structure d’acier où des poutres profilées en H sont soutenues par une colonne centrale dégagée de toute entrave.

Le premier niveau du rez-de-chaussée quasi de plein pied comprend le garage, le sas et le hall d’entrée; le second niveau en contre-bas inclus la salle familiale, la buanderie et la chambre et la salle de bain de la bonne. Le volume des étages supérieurs s’insère en retrait pour permettre d’implanter une grande terrasse extérieure au-dessus du garage. Le bel étage comprend le séjour, la cuisine et le bureau et le troisième, la chambre des maîtres à l’avant et, à l’arrière, les chambres des enfants et deux salles de bains.

Le toit est plat et les façades principales sont parées de briques rouges aux arêtes nettes rejointoyées en creux et percées d’ouvertures généralement en longueur hormi celle située à l’arrondi de la cage d’escalier. Les fenêtres sont équipées de huisseries métalliques doubles en acier peint blanc qui reposent sur de simples seuils en céramique. La porte d’entrée principale en bois verni est protégée par un auvent, formé par le prolongement de la dalle de béton du plancher de l’étage. La façade arrière moins sophistiquée, propose un revêtement en briques rouges communes, des chassis en bois, un balcon-escalier donnant sur la cuisine de l’étage et un autre balcon au second.

À l’intérieur, la séquence spatiale constituée par le hall d’entrée, l’escalier et le séjour est remarquable par sa force et sa cohérence formelle. Le sas et le hall forme une seule pièce, une large porte vitrée les séparant. Cet espace est comprimé, son plafond bas, au relief géométrique aux formes rectilignes et courbe, résume en quelque sorte le concept architectural de la maison. Un petit nombre de marches les sépare du bel étage, une disposition permise par le jeu des niveaux du rez-de-chaussée. À l’étage, l’escalier débouche directement dans le séjour, la distinction entre l’espace de circulation et le salon étant marquée par le traitement des têtes de murs ainsi que par la colonne dégagée et traitée comme un pilotis. Vu du salon, la cage d’escalier apparaît comme une composition cubiste. En forme de L, le séjour jouit d’un éclairage transversal, à l’arrière, un grand pan de briques de verre entourant l’ensemble formé par une fenêtre et un cache-convecteur.


Pour aller plus loin

  • Lire la fiche 101-01 de l’inventaire de Docomomo Québec, rédigée par France Vanlaethem
  • France Vanlaethem, «Marcel Parizeau: La tradition dans la modernité», Continuité, n° 115, 2007-2008, p. 31-34.
  • Martin Dubois, «Modernisme architectural : simplicité volontaire», Continuité, n° 119, 2008-2009, p. 51-54.

illustrations

ext 1

Vue extérieure des résidences Jarry, J.-P. Gariépy, photographe, 1992, Collection Images d’aménagement, Direction des bibliothèeques, Université de Montréal, PB52378

ext 2

Détail d’une des résidences Jarry, J.-P. Gariépy, photographe, 1992, Collection Images

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