Voir ou revoir les conférences sur le développement durable 05-2019

Adlerstein

 Voilà bientôt un an — les 2 et 3 mai 2019 — qu’en collaboration avec l’agence Provencher_Roy et grâce à la générosité d’entreprises en construction, Docomomo Québec organisait une journée d’étude sous le titre Vers le patrimoine moderne durable. Comment intervenir de manière responsable? Une telle préoccupation peut sembler aujourd’hui secondaire, alors que le risque immédiat est sanitaire et non pas climatique, bien que tous deux aient une semblable origine, les déséquilibres planétaires. Mais tel n’est pas notre sujet pour le moment. Revenons aux motivations de la rencontre que nous rappelons ci-dessous pour vous inviter à visionner les conférences livrées par nos invités américains, les architectes Michael Adlerstein et Michael LeBlanc, le premier en tant qu’assistant au Secrétaire général de Nations Unies dans le cadre de la rénovation historique du siège de l’organisation internationale à New York et le second à titre de représentant de l’agence Utile qui a été chargée du plan de réhabilitation de l’hôtel de ville de Boston. FVL

Intentions de la journée d’étude

Assurer la soutenabilité de la production bâtie et de ses usages s’impose avec plus d’urgences que jamais, à la suite des alarmes incessantes émises ces derniers mois concernant l’avenir de la planète et de la mobilisation de nombreux citoyens, jeunes et moins jeunes, ici comme ailleurs, en faveur de la transition écologique.

Depuis 2015 et l’Agenda 2030de l’ONU, la protection et la préservation du patrimoine culturel comptent au nombre des moyens privilégiés pour «faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables» (objectif 11).

La préservation du patrimoine bâti présente plusieurs bénéfices, notamment la rentabilisation accrue de l’énergie dépensée à construire les édifices et les ensembles existants et, par ailleurs, l’économie réalisée en évitant leur démolition et leur remplacement par de nouveaux, en contribuant à la préservation des ressources naturelles entrant dans la fabrication des matériaux et des systèmes techniques que nécessiterait l’érection de ces derniers et à la limitation de l’étalement urbain.

Cependant, le patrimoine moderne est bien différent du patrimoine ancien : les édifices qui le composent mettent généralement en œuvre des matériaux et des dispositifs techniques nouveaux dont la durabilité est restreinte (l’invention du mur-rideau dans les années 1950 tablait sur une durée de vie limitée à une trentaine d’années); de plus, leur fonctionnement et leur confort dépendant généralement de systèmes mécaniques (ascenseurs et escaliers roulants, système de conditionnement d’air), ils présentent une faible surviepassive; finalement, ils ne suscitent pas le même attachement (le patrimoine moderne est mal aimé du public, de même que de bien des professionnels de la conservation, l’architecture moderne étant toujours largement associée à la destruction de la ville ancienne). 

La sauvegarde du patrimoine moderne présente un défi pour la doctrine de la conservation. La faible durabilité technique et fonctionnelle de nombre des composantes des édifices construits dans les années 1950 et 1960 a conduit à mettre en question son principe cardinal, l’exigence d’authenticité matérielle qui, depuis la Charte de Venise de 1964, prévalait (en 1996, Docomomo International promut l’authenticité conceptuelle). Depuis peu, de nouveaux ajustements s’imposent, alors que la restauration des icônes de l’architecture moderne constitue un acquis et que la sauvegarde de l’architecture moderne «ordinaire» est devenue un enjeu pour des raisons culturelles et de développement durable. 

La journée d’étude est lancée la veille, le jeudi soir, avec une conférence publique du professeur Michael Adlerstein de l’Université Columbia portant sur la rénovation historique du siège des Nations unies à New York. Le lendemain, trois sessions, une dizaine de communications, une table ronde et une autre conférence sont programmées. L’architecte Michael LeBlanc de l’agence Utile nous présentera le projet réhabilitation durable de l’hôtel de ville de Boston, le «plus laid bâtiment au monde» selon certains. 

La journée d’étude s’adresse aux architectes, aux étudiants et aux enseignants en architecture et en conservation du patrimoine bâti, aux gestionnaires publics et privés et aux maîtres d’ouvrage qui auront à faire face aux défis posés par la conservation du patrimoine architectural moderne dans une perspective de développement durable. 

Extrait du cahier du participant publié en vue de la journée d’étude qui s’est tenue les 2 et 3 mai 2019, à l’UQAM